Sierra Leone : les déboires judiciaires des militants anti-Socfin

February 18, 2016
Source
Ouestaf News

Ouestafnews – La vive dénonciation des attributions de terres en 2011 à Socfin a été le début d’un combat qui a porté devant les feux de l’actualité les militants anti-accaparement du Malen Affected Land Owners and Users Association (Maloa). Une détermination qu’ils payent aujourd’hui par un « harcèlement » de la justice sierra-léonaise qu’ils disent manipulée par Socfin, une filiale du groupe Bolloré, spécialisée dans la production de l’huile de palme et de l’hévéa.

A Bô, la deuxième ville de la Sierra Léone, six militants de Maloa, dont le leader de l’association Shiaka Sama, croupissent à la prison centrale. Ils sont reconnus coupables de la destruction de 40 palmiers à huile, appartenant à Socfin. Des faits qui remontent à 2013 et que les mis en cause ont toujours niés. A défaut d’honorer des amendes allant de 6500 à 13000 euros (4,2 millions à 8,4 millions de francs), Sama et ses compagnons devront purger une peine de prison de six mois. « Cette forte amende a été fixé à dessein par le juge sait bien ces militants n’ont pas une telle somme » déclare Mustapha Wai, auteur d’une pétition sur internet pour la libération des détenus. « L’administration de Socfin a juré d’user de son influence auprès du parti au pouvoir et du gouvernement pour me punir d’avoir osé dénoncer l’accaparement illégal de nos terres », déclarait Shiaka Sama, dans un communiqué, publié quelques jours avant  le verdict.