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Un nouveau rapport révèle la menace que font poser les grandes plantations agricoles sur l'accès à l'eau en Afrique

March 15, 2022
Menace sur les eaux africaines rapport graphique
Déchets poussés par Golden Veroleum dans un ruisseau sur plusieurs centaines de mètres, au nord de la ville de Panama, Libéria, septembre 2017 © Milieudefensie

---POUR DIFFUSION IMMÉDIATE---

15 mars 2022, 6:00 AM PT

Contact médias :
Anuradha Mittal, [email protected] +1 510-469-5228
Leonard Shang-Quartey, [email protected]; +233 242303423/+221 707634061

  • Un nouveau rapport expose l'impact dévastateur des grandes plantations agricoles sur l'accès à l'eau, aux moyens de subsistance et à la sécurité alimentaire en Afrique.

  • Une revue de 15 projets dans 11 pays – publiée à la veille du Forum Alternatif Mondial de l'Eau – People's Alternative World Water Forum in Senegal (FAME 2022) – tire la sonnette d'alarme sur l'accaparement de l'eau et appelle à une action urgente pour protéger le droit à l'eau en Afrique.

  • Poussés par des institutions internationales telles que la Banque mondiale et des agences d'aide occidentales, les gouvernements annoncent que des millions d'hectares de « terres irrigables » sont « disponibles » pour les investisseurs.

  • Alors que les entreprises se voient offrir des terres avec un accès illimité, bon marché ou gratuit à l'eau, les promesses de développement, d'infrastructures et de services aux communautés ne sont pas tenues.

Oakland, Californie — Alors que l'escalade de la crise climatique menace l'accès à l'eau pour des millions de personnes à travers l'Afrique, un nouveau rapport de l'Oakland Institute dévoile l'impact dévastateur des grandes plantations agricoles sur le droit à l'eau sur le continent. Drying Out African Lands: Expansion of Large-Scale Agriculture Threatens Access to Water in Africa, publié à la veille du Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME 2022) à Dakar, au Sénégal, tire la sonnette d'alarme sur l'accaparement de l'eau par des intérêts privés et appelle à une action urgente.

Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, l'Afrique est la première destination des investisseurs internationaux pour les grands projets agricoles. Les gouvernements justifient l’offre des terres et de l'eau aux investisseurs par les besoins de développement et de sécurité alimentaire. Un examen de 15 grands projets agricoles dans 11 pays africains révèle cependant que l'impact est exactement le contraire.

Les projets entraînent souvent la perte de cours d'eau et de marécages – détournés ou détruits pour établir des plantations. L'utilisation intensive de produits chimiques et de pesticides pollue les sources d'eau et entraine la perte d'eau potable, de cultures, de poissons et de pâturages. Cela a un impact disproportionné sur les femmes, qui portent souvent le fardeau de la collecte de l'eau.

"Pour les plantations, les investisseurs veulent généralement un bon accès aux ressources en eau",  déclare Frédéric Mousseau, auteur du rapport et directeur des politiques de l'Oakland Institute. "Alors qu'ils jouissent d'une grande liberté d'utilisation de la terre ainsi que d'un accès illimité, bon marché ou gratuit à l'eau, leurs promesses de développement, d'infrastructures et de services aux communautés ne se concrétisent jamais", ajoute Mousseau.

Le manque d'irrigation en Afrique est parfois pointé comme un facteur majeur entravant la production agricole et la sécurité alimentaire. Cependant, lorsque les infrastructures d'irrigation sont établies, elles profitent aux entreprises privées pour des plantations - souvent pour les cultures d'exportation - au lieu des paysans et des communautés locales. Les personnes vivant dans les terres arides et semi-arides sont elles-aussi gravement touchées par les grands projets d'irrigation qui réduisent les pâturages disponibles, empêchent l'agriculture de décrue, tandis que les clôtures et les canaux coupent les routes traditionnelles des personnes et du bétail.

Le rapport détaille le nombre de projets qui avancent sans se soucier de l'impact potentiel sur l'environnement, entraînant une pollution importante due à l'utilisation intensive de produits chimiques et de pesticides. Alors que la plupart des pays exigent des évaluations d'impact sur l'environnement, de nombreux projets sont mis en œuvre avant que les évaluations ne soient réalisées ou rendues publiques. « De plus, il existe rarement de mécanisme pour assurer que les mesures d'atténuation et de compensation sont mises en œuvre une fois les projets établis. Les agences gouvernementales chargées de sauvegarder les normes sanitaires et environnementales manquent souvent à leurs responsabilités en raison de manque de capacité ou de volonté politique », note Mousseau.

Le rapport révèle également le rôle des institutions internationales qui guident les gouvernements africains à accorder aux investisseurs de vastes étendues de terres et un accès favorable à l'eau pour établir des plantations. Par le biais des agences de promotion des investissements mises en place par la Banque mondiale, les pays africains font actuellement la promotion de dizaines de millions d'hectares de terres irrigables et de ressources en eau « disponibles » malgré l'impact dévastateur de ces projets sur les communautés locales.

Alors que de nombreux gouvernements manquent à leur devoir envers leurs citoyens en préservant et en garantissant leur droit fondamental à l'eau, Drying Out African Lands détaille comment les communautés et les ONG se retrouvent en première ligne pour faire valoir leurs droits et plaider contre les projets - et souvent confrontées à une répression violente.

"Ce rapport tire la sonnette d'alarme sur la grave menace que ces grands projets agricoles font peser sur le droit à l'eau que les paysans, les pêcheurs et les éleveurs détiennent de manière informelle depuis des siècles", déclare Leonard Shang-Quartey, coordinateur régional de FAME 2022. " L'accès à l'eau est un droit humain fondamental qui doit être préservé et prioritaire par rapport à l'octroi de ressources aux entreprises qui ont une longue histoire de désastres sociaux et environnementaux », conclut-il.

La publication du rapport intervient une semaine avant que le mouvement mondial de la société civile pour le droit à l'eau ne se réunisse à Dakar pour le FAME 2022 – Le Forum Alternatif Mondial de l’Eau. L'objectif de FAME 2022 est de créer une alternative concrète au Forum mondial de l'eau (WWF) - un méga-événement organisé par le Conseil mondial de l'eau un évènement international contrôlé par les entreprises, qui rassemble des banques, des sociétés transnationales de l'eau, des universitaires et des agences publiques afin de promouvoir principalement les solutions du secteur privé en matière de gouvernance, de gestion et de distribution de l'eau. L'Oakland Institute partage la vision du mouvement mondial réuni au FAME 2022 qui considère que l'eau n'est pas un bien marchand mais un élément sacré de nos biens communs mondiaux à partager équitablement et à protéger pour les générations futures.

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