Les Guerriers Massaï : une Guerre Pour la Préservation

August 27, 2018
Source
Maze Magazine

Claire Lepoutre

Dans son rapport de mai 2018 sur les guerriers Massaï, l’ONG Oakland Institute tire la sonnette d’alarme. La vie et la culture des Massaïs, emblématique peuple de Tanzanie et du Kenya, est mise en danger par les compagnies d’écotourisme qui volent leurs terres, avec l’accord du gouvernement, pour s’approprier les ressources.

Les Massaïs, un peuple indigène au regard du monde

On ne présente plus les guerriers Massaïs, qui vivent en Tanzanie et au Kenya. Cette population semi-nomade est l’une des préférées du grand public occidental. Leur culture et traditions avait fait au moins l’objet d’une émission de «Rendez-vous en terre inconnue» en 2014. C’est un guerrier Massaï qui fait aussi la couverture du livre du photographe Jimmy Nelson «Before they pass away» de 2014, un ouvrage salué par la critique artistique, mais qui ne présente pas les violences auxquelles les ethnies photographiées en communion avec la force de la nature sont exposées dans la vie réelle.

Les Massaïs depuis 1950 sont chassés de leur terre par les lois sur la «conservation» des terres et de la faune dans le nord de la Tanzanie. Ces lois ont été adoptées progressivement pour réduire les droits de pâturage pour les bétails et les droits de cultiver des Massaïs. Pourtant, alors que le droit national la met en danger, cette tribu africaine reste assez populaire au niveau international pour que des safaris soient organisés sur le thème d’une rencontre avec leur culture. Il faut dire que l’immense parc de Serengenti, terre habitée par les Massaïs et objet de l’inquiétude de l’ONG Oakland, est un des plus idéales pour un safari grâce à la grande richesse de sa faune et de sa flore. Or, si les Massaïs participent à la préservation et à la mise en valeur de leur terre, car ils sont aujourd’hui employés par des ONG avec succès pour participer à la préservation d’espèces en danger comme le lion, l’ONG Oakland Institute dénonce les pressions exercées par deux compagnies d’éco-tourisme et le gouvernement, qui visent à expulser les Massaïs pour y développer le tourisme et la chasse, qui sont très rentables.

La popularité des Massaïs est telle que l’acteur américain Edward Norton avait invité trois Massaïs à participer avec lui au marathon de New-York afin de lever des fonds et soutenir un programme de protection et de développement de la tribu Massaï. Si les fonds ont sans doute contribué à envoyer les enfants Massaïs à l’école ou à engager leurs parents dans la protection de la nature, il reste que la prospérité de la tribu est mise en danger car la Tanzanie ne se montre pas favorable, elle, à ce projet de préservation selon le rapport de l’ONG Oakland Institute de mai 2018, ce que le pays dément cependant.