fbpx Accaparement des Terres: Une Entreprise Américaine Accusée d'Eco-Blanchiment | The Oakland Institute
Skip to main content Skip to footer

Accaparement des Terres: Une Entreprise Américaine Accusée d'Eco-Blanchiment

September 10, 2012
Source
Africa Nouvelles

A moi ta terre et toi par terre!

Des groupes de défense de l'environnement accusent 'Herakles Farms', une entreprise agricole basée à New York, de continuer avec des plans pour une plantation de 73.000 hectares de palmiers à huile et une raffinerie dans le sud-ouest du Cameroun, malgré l'absence d'une autorisation du gouvernement. Les critiques ajoutent que l'entreprise poursuit son avancée en dépit de deux injonctions judiciaires, et d'une grande opposition des communautés locales.

L'Institut d'Oakland et Greenpeace, deux organisations de défense de l'environnement, basées aux Etats-Unis, ont publié un rapport suggérant que ce projet, situé dans ce qui est décrit comme un point chaud de la biodiversité entre 4 importantes zones de préservation, pourrait négativement affecter jusqu'à 45.000 personnes.

Ces groupes préviennent que ce projet, qui est lié au 'Blackstone Group', un groupe d'investissement massif, représente l'avant-garde d'une nouvelle "ruée vers la terre" en Afrique par des entreprises occidentales.

"Herakles affirme être engagée à améliorer la sécurité alimentaire et la situation humanitaire au Cameroun, mais nous avons constaté que ceci est totalement une fraude. En effet, ils sont sur le point de détruire les moyens de subsistance de milliers de personnes. De même, Herakles prétend bénéficier d'un appui local, mais nous avons constaté que ceci est un mensonge flagrant. Enfin, l'affirmation selon laquelle cette terre est une forêt secondaire et dégradée est trompeuse. En effet, de grandes portions n'ont même jamais été exploitées", a déclaré dans un appel médiatique, Frédéric Mousseau, l'auteur du rapport.

Ce projet, supervisé par une filiale d'Herakles appelée 'SG Sustainable Oils Cameroon' (SGSOC), est encore à un premier stade, composé actuellement de trois grandes pépinières.

"Nous attendons maintenant une décision officielle du gouvernement camerounais pour aller au-delà de ces pépinières. Alors, il s'agit d'un moment important - le projet peut être toujours stoppé", indique Mousseau.

La réaction contre la SGSOC a pris de l'ampleur, suite à la notification du 24 août selon laquelle Herakles retirait le projet faute d'une conformité formelle avec un ensemble de lignes directrices sur les industries respectueuses de l'environnement, appelées la "Table ronde sur l'huile de palme durable" (RSPO).

Pour expliquer cette décision, Herakles, qui se décrit comme "engagée à aborder les questions complexes de la sécurité alimentaire grâce à des initiatives d'agriculture durable", a indiqué que sa demande pour la RSPO était pendante, tout en notant qu'elle "répondait à un besoin humanitaire catastrophique", au Cameroun.

Le projet Herakles est l'un parmi un grand nombre de nouveaux accords fonciers conclus avec des investisseurs étrangers en Afrique. Et malgré l'importance de sa taille, il n'est pas le plus grand - au Congo, par exemple, un accord d'un million d'hectares a été discuté.

"Il y a tellement d'Européens et d'Américains en quête de nouvelles terres en Afrique maintenant que nous craignons qu'une ruée vers la terre ne soit imminente", déclare Rolf Skar de Greenpeace.

Parce que le Cameroun est un nouveau grand producteur d'huile de palme, beaucoup de personnes estiment maintenant que ce qui se passe avec l'accord d'Herakles pourrait créer un précédent pour l'ensemble du continent.

"Si nous confirmons le mauvais accord que nous avons maintenant, toutes les entreprises qui viennent auront aussi un mauvais marché comme celui d'Herakle. Le Cameroun et les pays voisins connaissent actuellement une forte demande pour la terre, et des accaparements de terres à cette échelle sont très nouveaux pour nous - c'est effrayant. Franchement la structure gouvernementale dans notre pays est très faible, alors nous demandons aux Etats-Unis de stopper l'entreprise", affirme Nguiffo.